Et si on
vivait
tous
ensemble
?
écrit
et réalisé par Stéphane Robelin

avec
Geraldine Chaplin, Jane Fonda, Guy Bedos,
Claude Rich, Pierre Richard, Daniel Brühl...
France - 2012 - 1h36 - couleur
du
18 janvier au 7 février en SORTIE
NATIONALE
Annie,
Jean, Claude, Albert et Jeanne constituent une joyeuse
bande de septuagénaires unis par une amitié de quelques
décennies. Deux couples et un célibataire endurci, plutôt
gâtés par la vie, qui se retrouvent joyeusement et
régulièrement pour des manifs, et pour des bonnes bouffes
champêtres.
Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes
de seniors possible… Si Albert ne commençait pas à montrer
des signes d’absence, oubliant ce qu’il a fait quelques
minutes auparavant. Si Jeanne, sa belle épouse américaine,
ne cachait pas une maladie plus sérieuse qu’il n’y paraît.
Si la vie dissolue de Claude, impénitent photographe
amateur de la plastique avantageuse de belles prostituées,
ne devenait pas légèrement incompatible avec l’état de son
cœur. Quant à Jean, indécrottable militant, toujours prêt à
balancer quelques projectiles sur la maréchaussée, il prend
comme un coup dur que son assurance ne veuille plus lui
couvrir son prochain voyage humanitaire.
Pour le club des cinq, la vie devient donc un peu duraille…
Et puis il y a le fils de Claude, qui veut placer son père
en maison de retraite, pour son bien évidemment. Alors une
idée fait son chemin dans le cerveau nullement embrumé des
vieux amis : et si on habitait tous ensemble, pour se
soutenir ? Tant que le pire n’est pas arrivé, l’addition
des petites faiblesses des uns et des autres peut bien
finir par constituer une force ! Et la colocation à 75 ans
se met en place avec ses hauts et ses bas, chacun ayant
évidemment ses petites habitudes et la vie en commun
pouvant réveiller parfois de vieux démons ou de vieux
secrets…
Ce film chaleureux est d’abord la réunion jubilatoire
d’acteurs qui ont l'âge de leur rôle et que l’on adore.
Peut-on rêver mieux que Guy Bedos pour incarner Jean, le
militant un peu soupe-au-lait ? Peut-on imaginer un autre
que Pierre Richard, l’homme qui a tant incarné les
distraits, pour jouer Albert, cet homme tendre et touchant
dont la mémoire s’égare ? Et Claude Rich en vert galant,
amateur de Viagra malgré son cœur hésitant, quel bonheur !
Et le casting féminin est carrément réjouissant avec
Geraldine Chaplin en épatante Annie, qui doit faire preuve
d'une solide santé pour se fader Guy Bedos, et la grande
Jane Fonda, en amoureuse de Pierre Richard, incarnation de
la révolution sexuelle, qui parle masturbation avec un
naturel, une insouciance irrésistibles. Si le film abonde
en moments truculents et hilarants (avec un tel panel de
comédiens, il eût été dommage de s'en priver), il est aussi
une très jolie réflexion, plaisamment libertaire, sur une
autre manière d’envisager les dernières années de sa vie
avec légèreté et bonheur, une démarche qui repose sur
l’amitié, la
solidarité et l’amour, bien meilleurs remèdes à la peur de
l'inéluctable que toutes les thérapies et tous les
enfermements médicalisés…