WALL - E

réalisé par Andrew Stanton
film d'animation les voix de Phillipe Bozo, Marie-Eugenie Marechal, Emmanuel Jacomy…
USA - 2008 - 1h40 - couleur - VF
à partir du 10 septembre

WALL-E1

Il n'y a plus rien, que des déchets. Plus d'humains, plus d'animaux, plus de plantes. C'est après l'Apocalypse, et le seul mouvement est celui d'une machine qui depuis des siècles compresse et entasse des cubes de métal dans l'espoir de nettoyer les traces affligeantes que l'humanité a laissées dans sa fuite. Oublié de tous, Wall-e, alimenté à l'énergie solaire, parcourt des paysages terrifiants, grandioses, où les squelettes des anciens gratte-ciel sont alignés sur les tours de déchets. Toute la première demi-heure est ainsi un pur enchantement, pessimiste et muet, inquiétant et grandiose, où se conjuguent un désastre écologique sans nom et la solitude éternelle d'un Pinocchio du futur qui a eu le malheur, au cours de ses siècles d'abandon, de développer une forme humaine de sensibilité. Bientôt l'univers entropique de Wall-e est bouleversé par l'arrivée d'un autre robot, Eve, envoyée par l'espèce humaine qui s'est envolée pour de lointains espaces intergalactiques où elle erre, à bord de villes-vaisseaux sidérales, en attendant des jours meilleurs. Se noue alors une idylle digne des grandes amours au temps du cinéma muet, de Chaplin à Keaton, pour recycler les codes hollywoodiens sans tomber dans la parodie.
Andrew Stanton montre ce reliquat d'humanité comme une collection de larves devenues incapables de mouvements autonomes, les yeux rivés sur des écrans de télé, les jambes coupées par l'inactivité et l'obésité, le cerveau ramolli par un consumérisme roi. Ils sont tout ronds, tout roses et pas mignons du tout. Wall-e et Eve doivent affronter les tenants de l'ordre établi, robots modernes et bien-pensants, qui veulent maintenir l'humanité en servitude - un clin d'oeil à Kubricks 2001. Mais la vraie surprise de Wall-e provient du ton adopté et du message sous-jacent. La critique du mode de vie moderne n'a jamais été si violente, radicale et cruelle dans une production réputée familiale. La séduction universelle exercée par le genre du cinéma d'animation qu'incarne Pixar rend plus intrigante encore cette volonté manifeste de hurler et d'en découdre : les masses qu'un tel film est susceptible de toucher sont sans commune mesure avec l'impact des nombreux documentaires qui disent pourtant la même chose, façon La vérité qui dérange d'Al Gore. En ce sens, cette mini benne à ordures automatique, c'est non seulement lui, un personnage, un héros, mais aussi vous, moi, nous. Notre dernière chance…
A PARTIR DE 7 ANS