Another Happy Day
réalisé
par Sam Levinson

avec
Ellen Barkin, Ezra Miller, Kate Bosworth, Demi Moore…
USA - 2011 - 1h55 - couleur - VO
du
1er au 14 février en SORTIE NATIONALE
Lynn débarque chez ses parents pour
le mariage de son fils aîné, Dylan, qui a été élevé par son ex mari
et sa nouvelle femme. Elle est accompagnée de ses deux plus jeunes
fils, Ben et Elliot, qu'elle a eus avec un second mari. Sa fille
Alice devrait aussi être de la partie.
Tous ses enfants, excepté le marié, ne vont pas bien. Alice
s'automutile, on a diagnostiqué à Ben un syndrome d'Asperger de
faible niveau, tandis qu'Eliott souffre du syndrome La Tourette. La
propension de ce dernier à mélanger alcool, drogues et médicaments
ne le prive pas d'une certaine lucidité sur la joie des réunions de
famille.
Et la réunion, de fait, est particulièrement gratinée :
grands-parents réac, tantes médisantes, cousins irrémédiablement
beauf. Sans compter le premier mari de Lynn qui arrive flanqué de
sa femme tyrannique. Chaque matin annonce décidément un nouveau
jour de bonheur !
Une comédie sur des adultes en guerre, des ados en crise et le
mariage qui les rassemble tous... pour le meilleur et pour le
pire.
Another Happy Day, premier long-métrage de Sam Levinson, est une
vraie réussite… si vous aimez les réunions de famille
particulièrement saignantes. Il y a du Festen dans ce film-là, en
moins glaçant et plus drôle. L'histoire de cette famille sur le fil
du rasoir est racontée avec tant de réalisme, et tant d'esprit, que
l'on ressent vraiment le désarroi des protagonistes. La caméra,
petite souris qui épie tout, s'immisce au cœur du conflit,
analysant les dégâts causés par le manque de communication et de
compassion. Heureusement, le ton cynique (rien que le titre est
évocateur), et des personnages secondaires émaillent le film de
moments d'humour certes noir mais particulièrement
salvateurs.
Ce qui fait la force des films consacrés aux réunions de familles
dysfonctionnelles, c'est souvent la qualité du casting. Ici Sam
Levinson a vu particulièrement juste. Les comédiens allègent une
barque que certains trouveront peut-être particulièrement chargée.
Mention d'honneur à Ezra Miller, révélation cette année du festival
de Cannes (We need to talk about Kevin). A nouveau, le jeune acteur
enfile les pompes d'un ado mal dans sa peau, étouffé par sa
famille, incompris et cruel. Ellen Barkin, qui se fait rare
désormais, est parfaite dans le rôle de la mère quinquagénaire
traumatisée par son ex-mari. Même Demy Moore est épatante en
belle-mère hystérique.