Des
vents contraires
réalisé
par Jalil Lespert

avec Benoît Magimel, Isabelle Carré, Antoine Duléry, Ramzy
Bedia, Bouli Lanners, Marie-Ange Casta…
France - 2011 - 1h31 - couleur
du 11 au 17 janvier
“Un seul
être vous manque et tout est dépeuplé” disait
Lamartine. Paul serait probablement d'accord avec lui,
puisque depuis la disparition de Sarah, cet homme tourmenté
n'est plus que l'ombre de lui-même. Si rien ne semble avoir
changé dans sa vie : les affaires de sa femme sont toujours
là, aucune lettre d'adieu, aucune anomalie, il y a
néanmoins cette effroyable absence, ce vide impossible à
combler, cette torture qu'est devenu le quotidien. Et le
pire dans tout ça, c'est cette incompréhension obsédante.
Pourquoi ? Pourquoi ? Et comment a-t-elle pu abandonner
Clément et Manon, leurs deux enfants qu'elle chérissait
plus que tout ? Tout cela est inconcevable pour Paul, et
pourtant, les enquêtes ne donnent rien, Sarah semble s'être
bel et bien volatilisée… Meurtre sordide, ou besoin
de changer de vie ? C'est lorsque le doute s'installe que
la vie devient infernale…
Malgré cette déchirure, Paul doit rester fort, garder la
face pour le bien-être de ses enfants. Il décide alors de
tout quitter, de mettre le plus de distance possible avec
ses souvenirs et de retourner dans la ville qui l'a vu
grandir, à Saint Malo. Là-bas, il retrouve son frère Alex,
moniteur d'auto-école, qui l'aide tant bien que mal à
surmonter l'épreuve. Mais, surtout, il retrouve la mer,
cette mer aux multiples facettes, tantôt déchaînée et
impétueuse, tantôt calme et accueillante. La mer, comme une
bouffée d'oxygène, un second souffle face à la détresse.
C'est avec beaucoup de courage que notre petit trio tente,
tant bien que mal, de se reconstruire.
Pour son second long-métrage, Jalil Lespert adapte le roman
éponyme d'Olivier Adam, auparavant auteur de Je vais bien,
ne t'en fais pas, qui a lui aussi bénéficié d’une
adaptation au cinéma. Là encore, le scénario fait la part
belle à l'absence, ici celle d'une épouse, disparue sans
laisser de traces.
Certes, le sujet n'est pas gai, mais des moments de pur
bonheur viennent illuminer ici et là le film, grâce à des
relations sincères entre les différents personnages et à
l'amour inconditionnel d'un père pour ses enfants. Il se
dégage de ce film une force et une sincérité auxquelles il
est difficile de résister. Jalil Lespert prouve à cet égard
qu'il est un excellent directeur d'acteurs. En effet, de
Benoît Magimel à Antoine Duléry en passant par Isabelle
Carré ou un étonnant Ramzy Bédia, tous incarnent des
personnages criants de justesse. En bon mélo, Des vents
contraires souffre certes de quelques débordements
lacrymaux mais se rattrape par une véritable émotion et des
personnages réellement attachants.