Voyages aux Pyrénées
réalisé
par Jean-Marie et Arnaud Larrieu
avec Sabine Azema, Jean-Pierre Darroussin, Arly Jover,
Philippe Katerine, Cyril Casmèze (l'ours...)
France - 2008 - 1h40 - couleur
du 9 au 22 juillet en SORTIE NATIONALE
Mais qu'est-ce qui a piqué Jean-Marie et Arnaud Larrieu ?
En effet, en à peine trois films (Un homme un vrai, Peindre
ou faire l'amour et maintenant ce Voyage aux Pyrénées), les
frères se sont offerts une place unique et atypique dans le
paysage du cinéma français. Ils prennent ainsi un malin
plaisir à détourner nos icônes (Daniel Auteuil, Mathieu
Amalric, Sabine Azema, Hélène Fillières, Amira Casar) et à
les mettre dans des situations compromettantes et
croustillantes. Au milieu des montagnes, le personnage très
vif d'Aurore Lalu en proie à des crises de nymphomanie et
le caractère indolent de son compagnon Alexandre Darou
posent les bases d'un contraste fondamental décliné jusqu'à
plus soif avec humour et vélocité. Le couple parisien
plutôt névrosé débarque dans le village sous le pseudonyme
de M. et Mme Go, patronyme sous lequel on n'hésitera pas -
si l'on retient la traduction anglaise du nom - à voir le
manifeste artistique d'un film qui prend le parti d'y
aller.
Mais où donc ? Là est toute la question.
Sur un tel postulat, le film multiplie les saynètes
cocasses, les dialogues savoureux, les personnages décalés
et pousse la fantaisie, voire le vice, si loin qu'il est
difficile de savoir quand ils vont s'arrêter. L'essentiel,
du moins pour Alexandre, est de faire passer les crises de
nymphomanie aiguë dont est victime sa femme par de longues
promenades dans les vallées locales - faux ou vrai ours,
philosophie ou champignon tibétain, changement de corps par
un éclair spectaculaire... En fait, ils ne s'arrêtent
jamais et c'est peut-être les limites de cette jolie et
dilettante fantaisie, de ne pas en avoir. Pour un Philipe
Katerine en prêtre chanteur, une Sabine Azema en femme
sauvage et un Jean-Pierre Darroussin pris pour André
Dussolier, ce troisième long-métrage se perd un temps entre
mise en abyme express et cabotinage extrême. Un épilogue
transgenre du plus bel effet clôt cette comédie champêtre
sur une note inquiétante.
Le voyage aux Pyrénées est un objet d'une grande drôlerie,
d'une indéniable fraîcheur et donne à assister à la
régénération d'un duo de cinéastes en pleine
éclosion.