Café de
Flore
écrit et
réalisé par Jean-Marc
Vallée
avec Vanessa Paradis, Kevin Parent, Hélène
Florent, Evelyne Brochu…
France/Canada - 2011 - 2h00 - couleur -
VO
du 25
janvier au 21 février en SORTIE
NATIONALE
Il n'est pas facile de dire
adieu à ceux qu'on aime ; pour y parvenir, il faut parfois
toute une vie - ou deux.
Entre le Paris des années 1960 et le Montréal d'aujourd'hui
se déploie une vaste histoire d'amour à la fois sombre et
lumineuse, troublante et malgré tout pleine d'espoir. Café
de Flore raconte les destins croisés de Jacqueline, une
jeune Parisienne mère d'un enfant trisomique, d'Antoine un
DJ montréalais, ainsi que des femmes qui l'entourent. Ce
qui les relie : l'amour, troublant, maladroit, imparfait et
inachevé… humain.
Café de Flore, c'est l'histoire de personnes aimantes :
l'amour absolu et inconditionnel d'une mère (Vanessa
Paradis) pour son fils, l'amour passionnel d'un homme
(Kevin Parent) pour une femme nouvellement arrivée dans sa
vie. Destins croisés de deux êtres à travers les âges et
les lieux, voyages introspectifs à travers l'Amour avec un
grand “A”, si loin et pourtant si proches,
reliés par un fil ténu, trouble…
Jean-Marc Vallée s'était fait remarquer avec C.R.A.Z.Y,
chronique familiale ambitieuse et déjantée. On attendait
donc d'un œil curieux et impatient ce Café de Flore,
où le bonhomme occupe les postes de scénariste, réalisateur
et monteur. Et force est de constater que son film ne
laisse pas indifférent. C'est un superbe trip
cinématographique que s'est offert Jean-Marc Vallée ici, un
film ambitieux, riche et fascinant qui, malgré quelques
défauts, envoûte et bouleverse profondément.
Visuellement, Café de Flore est très beau. Bien servi par
une superbe photographie, Jean-Marc Vallée enchaîne les
plans audacieux et les scènes visuelles hypnotiques d'une
beauté rare avec une approche esthétique qui frôle parfois
l'exercice de style. Il mise aussi une fois de plus sur une
trame sonore judicieuse et efficace composée notamment de
morceaux de Pink Floyd, The Cure, Nine Inch Nails et
Matthew Herbert (dont Café de Flore, qui donne son titre au
film). Certaines séquences, comme celles enveloppées par
les musiques planantes de Sigur Ros et de Pink Floyd,
donnent des frissons. Il nous l'avait prouvé avec
C.R.A.Z.Y. et il confirme avec Café de Flore : Vallée est
passé maître dans l'art d'utiliser la musique au cinéma.
Déroutant au début, le, ou plutôt les récits s'installent
peu à peu pour ne plus nous quitter. On sort du film en se
disant que ce type est soit un génie, soit un arnaqueur
(arna…cœur !). Mais finalement, son film ne
nous lâche plus, et ce qui est sûr, c'est que nous avons là
un vrai moment de cinéma. Avec ce film d'amour grandiose et
hors du commun, Jean-Marc Vallée a voulu essayer quelque
chose de nouveau et n'a pas hésité à prendre les risques
pour le faire. C'est tout à son honneur. On ne peut
qu'applaudir son audace. Perfectible, inabouti, imparfait,
d'un point de vue aussi bien scénaristique que visuel, Café
de Flore n'en reste pas moins un film marquant, qui hante
et bouleverse longtemps après sa vision, et c'est bien là
l'essentiel.