PARLEZ-MOI
DE LA PLUIE
réalisé par Agnès Jaoui
avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Jamel Debbouze,
Pascale Arbillot...
France - 2008 - 1h38 - couleur
scénario : Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri
à partir du 17 septembre en SORTIE
NATIONALE
Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps
Le beau temps me dégoûte et m'fait grincer les
dents
Voilà la jolie rengaine que Brassens chanta en son temps,
aujourd'hui c'est le duo d'exception Jaoui-Bacri qui donne
la note et nous compose un petit air bien à eux, un
concerto alerte et délicat. Une musique gaie et
mélancolique avec comme il se doit quelques fortissimo
coups de pieds dans les a priori, de délicieux silences et
de tonitruants fous rires. Pour filer la métaphore musicale
il faut bien entendu parler de film choral, car cette fois
encore Jaoui et Bacri réunissent une épatante brochette
d'acteurs tous meilleurs les uns que les autres, le plus
surprenant étant sans aucun doute Jamel Debbouze, la plus
émouvante Mimoune Hadji. Tous à leur façon vont être
confronté aux mille et un visages de l'humiliation
ordinaire, pierre angulaire du film contre laquelle chacun
viendra plus ou moins violement se cogner.
Tout commence sous la pluie, une météo décidément très
cinématographique : la pluie ça fait chanter Gene Kelly,
chez Woody Allen (et tant d'autres) ça pousse à se
rapprocher, à se réfugier collés-sérrés sous les porches,
et puis surtout la pluie, ça rempli les salles obscures...
c'est vous dire si ici on est prêts à chanter en
chœur : Parlez- moi de la pluie ! Mais revenons en au
film : il pleut et ce ciel tout gris reflète assez bien
l'état d'esprit d'Agathe. Féministe nouvellement engagée en
politique, elle revient pour dix jours dans la maison de
son enfance, dans le sud de la France. Franchement elle se
passerait bien du voyage, elle n'aime pas cette région et
elle en est partie dès qu'elle a pu. Seulement voilà les
impératifs de la parité l'ont parachutée ici à l'occasion
des prochaines échéances électorales. Dans cette maison
familiale vont se croiser tout une galerie de personnages :
Agathe bien sûr, mais aussi Antoine son compagnon qui a
bien du mal trouver une place dans l'emploi du temps
surchargé de sa belle. Dans la maison pleine de souvenirs,
vit sa soeur Florence, celle qui depuis toujours se sent
mal aimée, celle qui rêve d'autre chose. Pourquoi pas tout
larguer, laisser mari et enfants et aller roucouler avec
son amant... Dans la maison, ou plutôt dans une petite
bicoque mitoyenne, vit Mimouna, femme de ménage que les
parents avaient ramenée avec eux d'Algérie, au moment de
l'indépendance. Le fils de Mimouna, Karim, et son ami
Michel Ronsard entreprennent de tourner un documentaire sur
Agathe Villanova, dans le cadre d'une collection sur
“les femmes qui ont réussi”.
On est au mois d'Août. Il fait gris, il pleut. Ce n'est pas
normal. Mais rien ne va se passer normalement.