Turn me
on
!
réalisé
par Jannicke Systad
Jacobsen

avec Helene Bergsholm, Beat Stoefrin, Malin Bjoehovde,
Matias Myren...
d'après le roman de Olaug Nilssen.
Norvège - 2011 - 1h20 - couleur - VO
du 8 au
21 février
Bienvenue à Skoomeheiden, perdue à l’ouest de la
Norvège, une bourgade rurale, qui ferait passer Guéret pour
Rio de Janeiro en plein carnaval. Elles sont certes belles
et majestueuses, ces grandes forêts d’épineux, ils
sont sans aucun doute splendides, les fjords aux
eaux-miroirs, mais ça c'est bon pour faire rêver les
touristes, pas les ados du coin, qui n’ont
qu’une envie : foncer à Oslo et ne jamais revenir.
Dans ce monde pas folichon, Alma s’emmerde comme tout
le monde, mais a comme un petit souci “en
plus”: sa libido. A quinze ans, ses hormones se sont
pointées peut-être plus tôt que prévu et peut-être plus
activement ! Le feu l’habite et sa mère, sympa et
plutôt ouverte, s’en inquiète, surtout quand elle
voit arriver la note de téléphone, lourdement alourdie par
les “numéros spéciaux”…
Au lycée, Alma fantasme gravement et tout particulièrement
sur Arthur, le joli guitariste de la chorale
planplan… Alors quand, à la fin d’une fête à
la MJC, Arthur la rejoint à l’extérieur et ... lui
montre son zizi, est-ce la réalité ou un effet de son
imagination enfiévrée ? En tout cas elle fait
l’erreur de raconter ça à ses copines qui ne la
croient pas, surtout quand l’intéressé nie en bloc.
Alma se voit affublée illico presto d’un surnom peu
flatteur, que rigoureusement ma mère m'a défendu de nommer
ici… En quelques jours, elle devient la pestiférée,
jamais invitée aux annivs, à côté de qui on ne
s’assoit plus dans le bus...
Turn me on ! est un film craquant parce qu’il marie
des thèmes et des ambiances qui pourraient paraître
opposés. C’est un film tendre et romantique sur
l’adolescence, parce que l’élan des sens
n’empêche aucunement ceux du cœur, il aborde
frontalement, avec un humour très libre et une insouciante
légèreté, la sexualité adolescente. Le film pourrait
revendiquer l’élégance du Virgin suicides de Sofia
Coppola mais sans le désespoir latent et avec un
pep’s et une énergie salvatrice. La crudité
revendiquée du film est enrobée de douceur et
d’humour qui font passer les plus grosses énormités
et la mise en scène est aussi acidulée que son propos.
En Norvège, Turn me on ! a explosé au box-office tous les
blockbusters américains de l'année : on n'en demandera pas
tant chez nous, mais on aimerait vraiment que vous fassiez
fête, toutes générations confondues, à ce petit film
épatant.