Les vies privées de Pippa
Lee
écrit
et éalisé par Rebecca Miller
avec Robin Wright Penn, Alan Arkin, Keanu
Reeves, Winona Ryder, Maria Bello, Blake Lively...
USA - 2009 - 1h35 - couleur - VO
du
11 novembre au 8 décembre
Pippa Lee, c'est la blondeur troublante et la discrétion
classe de Robin Wright Penn. Elle trouve ici son plus beau
rôle et tient à elle seule le film, qu'elle porte avec un
talent subtil. Mises à part Maria Bello en mère au bord du
gouffre et Winona Ryder en copine dépressive, les autres
célébrités du casting (Julianne Moore, Monica Bellucci…) ne
font que des (très belles, au demeurant) apparitions. Pipa
Lee c'est elle, et le film est son histoire.
Pippa Lee s'est construit une vie confortable dans une
atmosphère feutrée . Ses enfants sont grands et les jours
s'écoulent au rythme d'une existence mortellement calme où
elle n'est finalement plus que l'épouse de son mari. Un
mari qui fut un jour l'homme mûr, rassurant et expérimenté
qui la prit sous son aile mais qui est aujourd'hui un vieux
monsieur au cœur fragile pour lequel elle nourrit les pires
inquiétudes. Pippa Lee va bientôt avoir cinquante ans. Ce
n'est pas que cela l'angoisse : elle n'est pas de celles
qui veulent absolument préserver leur corps du
vieillissement naturel. Pourtant, quelque chose la titille,
le sentiment diffus qu'il est temps de faire le tour de sa
propre question et que le moment est venu de faire machine
arrière pour reprendre en main toutes les petites briques
qu'elle a empilées au fil du temps pour se construire,
elle, Pippa Sarkissian devenue Mrs Lee.
Le souvenir de sa mère tout d'abord, omniprésent. Une femme
toujours sur le fil du rasoir, flirtant en permanence avec
la folie, qui voyait en Pippa sa petite poupée, son jouet
de chair et de sang, l'objet de tous ses désirs secrètement
inassouvis. Puis l'adolescence, vécue dans la violence, les
excès, comme une seconde naissance, comme un oubli de soi,
de son corps, de ses limites, de ses ancrages. Mais surtout
quelques rencontres décisives : une tante homosexuelle un
peu baba-cool qui lui fera briser quelques ultimes
remparts, et enfin Herb Lee, écrivain contrarié devenu
éditeur et qui sera l'homme de sa vie.
Au détour de tous ces allers-retours dans son histoire
(traités à l'écran avec beaucoup d'humour et
d'originalité), Pippa s'apercevra qu'une vie peut en
contenir mille et que la vraie force n'est pas, comme elle
l'avait cru jusqu'alors, d'être capable de maintenir les
choses en l'état, mais plutôt d'accepter qu'il peut y avoir
une vraie fin, et de nouveaux débuts. (merci Utop')