Une bouteille
à la mer
réalisé par Thierry Binisti
avec Agathe Bonitzer, Mahmud Shalaby, Jean-Philippe
Ecoffey, Hiam Abbass...
France - 2011 - 1h39 - couleur - VO
du 8 au
21 février en SORTIE NATIONALE
C'est une journée ordinaire à Jérusalem, un attentat moyen
: un kamikaze dans un café, six morts, deux jours d'info à
la télévision. Oui, depuis trois ans, l'horreur est devenue
routine, et la ville va tout droit en enfer. Tal, elle, une
jeune Française installée à Jérusalem avec sa famille, ne
s'habitue pas. Elle aime trop sa ville et la vie. Elle veut
mourir très vieille et très, très sage. A dix-sept ans,
elle a l'âge des premières fois : premier amour, première
cigarette, premier piercing. Et premier attentat, aussi.
Après cet attentat d'un kamikaze dans son quartier, elle
écrit une lettre à un Palestinien imaginaire où elle
exprime ses interrogations et son refus d'admettre que
seule la haine peut régner entre les deux peuples. Elle
glisse la lettre dans une bouteille qu'elle confie à son
frère pour qu'il la jette à la mer, près de Gaza, où il
fait son service militaire. Quelques semaines plus tard,
Tal reçoit une réponse d'un mystérieux
“Gazaman” par mail… Tous les deux vont
s'envoyer des messages et vont se lier d'amitié.
Au-delà de cette correspondance électronique, le
réalisateur nous livre une œuvre intelligente et
sensible où le conflit est expliqué à la fois par une
“Israélienne” et à la fois du point de vue d'un
Palestinien. Dans leur correspondance, chacun décrit à
l'autre son quotidien ébranlé par les conflits
géopolitiques. Il n'y a donc pas de parti pris de l'auteur
mais bien un respect mutuel qui nous fait découvrir le
quotidien de ceux pour qui les attentats sont devenus
communs. Mais comment grandir sereinement dans un tel
climat ?
Adapté avec justesse et talent du très beau roman, simple
et grave, de Valérie Zenatti, également coscénariste du
film, Une bouteille dans la mer est l'histoire de deux
enfances sacrifiées et sabotées par la bêtise humaine, la
rancœur; deux ados qui ne comprennent pas (plus) la
guerre qui les oppose, et qui souffrent, malheureux,
impuissants.... On les suit au rythme de leur vie bousculée
par les Intifadas, les violences quasi quotidiennes, les
attentats et les espoirs de paix déçus. Ils ne peuvent que
subir et tenter de survivre à ce chaos oppressant. Même
leurs mots peuvent se révéler dangereux. D’abord
parce que si leur correspondance venait à être découverte
elle serait forcément vue comme un “pacte avec
l'ennemi”, et puis aussi parce que peu à peu naît un
drôle de sentiment difficile à avouer à l’autre,
quelque chose qui ressemble à la fraternité, quelque chose
qui ressemble à l’amour.