J. EDGAR
réalisé
par Clint Eastwood

avec Leonardo DiCaprio, Armie Hammer,
Naomi Watts, Judi Dench…
USA - 2011 - 2h16 - couleur - VO
du 11 janvier au 7 février
Les films de
Clint Eastwood sont toujours des évènements et font partie
des quelques exceptions pour lesquelles on programme
“les yeux fermés”, surtout quand le film arrive
en dernière semaine d'un programme… Impossible de
voir ce film qui ne sort que dans six semaines. Mais la
classe du réalisateur et l'intérêt du sujet nous font
sacrément envie. Heureusement que le film est déjà sorti au
Canada (au Québec précisément, car mon anglais est très
léger !) et qu'internet existe : voici au moins un début de
résumé !
J. Edgar Hoover fut sans conteste l'un des hommes les plus
puissants des États-Unis. Un grand mystère pèse pourtant
autour de lui. Près de 40 ans après sa mort, on tente
encore de comprendre comment le fondateur de l'agence FBI a
pu façonner à ce point l'état d'esprit de la justice
américaine. En 48 années, Hoover fut reconduit dans ses
fonctions par huit présidents... qu'il a fait manger dans
sa main... et même chanter parfois.
On ne s'étonnera pas que Clint Eastwood, qui choisit
toujours des thèmes liés à l'américanité, ait voulu
fouiller dans le vieux placard passablement encombré de
Hoover. Les rumeurs croustillantes entourant la vie de ce
“vieux garçon” ayant vécu sous le joug d'une
mère omniprésente (formidable Judi Dench) sont notoires. Le
scénario de Dustin Lance Black (Milk) y fait écho, mais
n'insiste pas trop sur les aspects plus spectaculaires.
Multipliant les allers-retours entre les différentes
époques, le récit tente plutôt de circonscrire la
personnalité complexe d'un homme dont les propres zones
d'ombre - à commencer par son homosexualité réprimée - ont
forcément eu un impact dans sa vie publique.
Le personnage étant opaque, Black et Eastwood tentent
d'éclaircir le mystère à travers trois personnages clés. Il
y a d'abord la mère, qui, soupçonnant les désirs
inavouables de son fils, lui tient un discours
épouvantablement cruel et homophobe ; la fidèle secrétaire
Helen Gandy (formidable Naomi Watts), qui préférera
contracter avec lui un mariage professionnel plutôt que
personnel ; et son second, Clyde Tolson (Armie Hammer),
l'ami intime de qui il est clairement amoureux.
La matière est très riche et nous avons hâte de découvrir
le film que Clint Eastwood en a tiré...