FAUSTA
LA TETA ASUSTADA
écrit et réalisé par Claudia Llosa

Berlin 2009 Ours d'or

FaustaSITEr

avec Magalie Solier, Susi Sanchez, Efrain Solis, Marino Bollon...
Pérou - 2009 - 1h33 - couleur - VO

SEANCE UNIQUE VENDREDI 3 FEVRIER À 20H30
organisée avec l'association Imagenes donde Andes (IdA) :
Créée en 2009, IdA a pour vocation de mettre en place des séances de projections, au sud du Pérou, auprès d'un public n'ayant pas accès à une salle fixe
en raison de son isolement géographique et/ou social.
Cette soirée est l'occasion de faire connaître le travail réalisé par
l'association durant ces 2 dernières années et de découvrir une autre facette du Pérou.

http://imagenesdondeandes.blogspot.com/

L'association IDA, dans le cadre de ses actions,
est financée par la Region Ile-de-France et Partage sans frontières.


Ours d'or à la Berlinale 2009, le deuxième film de la réalisatrice péruvienne Claudia Llosa explore avec un mélange remarquable de crudité et de poésie les blessures d'un peuple à travers celles d'une femme.
Dans les années 1970 à 1990, une guérilla entre militaires au pouvoir et combattants marxistes a ensanglanté le Pérou, y faisant près de 70.000 victimes, principalement au sein de la population indienne quechua. Comme des milliers d'autres femmes, la mère de la belle Fausta a été violée, alors qu'elle était enceinte. Sa fille, elle, n'a pas directement connu la guerre, mais souffre de la “teta asustada”, une “maladie” qui se transmet par le lait maternel : les enfants du viol sont privés de leur âme, qui est allée se cacher sous la terre pour échapper à l'horreur qu'ont subie leurs mères… Aujourd'hui, Fausta vit à Lima dans la famille de son oncle, organisateur de mariages. Elle fuit la compagnie des hommes, se protège d'éventuelles agressions en cachant une pomme de terre dans son vagin. Elle n'est elle-même qu'avec sa mère, avec qui elle ne s'exprime qu'en chansons qu'elles se composent l'une pour l'autre.
Le scénario dévoile petit à petit, par touches subtiles, l'aliénation dont a hérité Fausta. La jeune femme, remarquablement interprétée par Magaly Solier, s'est protégée derrière une carapace contre laquelle viennent buter tous ceux qui tentent de l'approcher. Comme de nombreuses œuvres latino-américaines, Fausta est aussi en prise directe avec la société de son pays, dont elle dévoile les clivages économiques et sociaux à travers le parcours de son personnage principal. La jeune femme va ainsi passer un pacte avec la riche pianiste chez qui elle travaille comme domestique : en échange des perles d'un collier, elle devra chanter pour celle qui a su remarquer son don. Mais le film n'est pas seulement l'histoire d'une dépossession, c'est aussi et avant tout celle d'une reconstruction. Et la magnifique promesse d'avenir qui se dessine sur le visage de l'actrice à la toute fin du film est le plus beau cadeau que pouvait offrir la réalisatrice à son personnage - et aux spectateurs.