17 filles
écrit et réalisé par Delphine et Muriel Coulin

17 filles

avec Louise Grinberg, Juliette Darche, Roxane Duran, Esther Garrel, Yara Pilartz, Solène Rigot...
France - 2011 - 1h27 - couleur
du 11 au 17 janvier

Histoire vraie survenue en 2008 aux Etats-Unis : ayant conclu un pacte, un groupe d'adolescentes du même lycée décident de tomber toutes enceintes en même temps.
Dans le film des sœurs Coulin, l'affaire se déroule à Lorient, que les réalisatrices connaissent bien pour y avoir grandi, et dont les soubresauts socio-économiques (crise de la pêche, crise des industries) expliquent en partie cet étrange acte d'insoumission aux codes. Il n'est pas anodin non plus que cette ville soit paralysée par la morosité et qu'elle fasse face à la mer : nos aventurières ont décidé de s'inventer de nouveaux horizons.
Assimilées à ces petites coccinelles qui, cette année-là, et de façon inexplicable, envahissent la cité, les filles en question se construisent une utopie. “On ne peut rien contre une fille qui rêve !” C'est d'abord Camille qui décide de garder son enfant. Elevée par une mère débordée par son travail à l'hôpital et dont elle s'estime insuffisamment aimée, Camille pense que devenir mère à son tour va la contraindre à faire quelque chose de sa vie, vivre à 200 %, avec une existence au bahut et une avec le bébé. “Et puis, comme ça, au moins, j'aurai l'impression d'avoir une famille, j'aurai quelqu'un qui m'aimera, sans conditions !”
Bercées par la musique de Hair, ses copines décident de faire comme elle et de créer ensemble une communauté qui mettrait leurs allocations en commun. Elles vivront l'émancipation à leur manière, dans un grand appartement, feront des tours de garde pour s'occuper des bambins. “On deviendra jamais comme nos parents, on n'aura que 16 ans d'écart avec nos mômes, c'est idéal, plus de choc des générations !”
Ainsi commence la chronique de la vie subversive de ces 17 filles en marge, sur un ton tour à tour provocant et comique.
Parents, professeurs sont impuissants à enrayer l'épidémie, même s'ils pensent qu'être fille-mère est une régression sociale, que ce n'est pas comme ça qu'on va changer le monde. Le proviseur envisage d'exclure les fortes têtes, l'infirmière scolaire suggère de placer un distributeur de préservatifs dans l'établissement. Les grandes personnes sont à l'ouest ! Comme les garçons, qui ne comprennent rien au changement d'attitude des lycéennes lors d'une fête sur la plage...
Bien filmé, bien écrit, bien interprété, doté de quelques trouvailles ou clins d'œil, le film est doté de la même “énergie de dingues” que les héroïnes. Un film doté de liberté, de lumière et de volonté… (d'après Le Monde.fr)