CHANSON DOUCE

co-écrit et réalisé par LUCIE BORLETEAU

DU 27 NOVEMBRE AU 10 DéCEMBRE

SORTIE

NATIONALE

avec Karin Viard, Leïla Bekhti, Antoine Reinartz, Assya Da Silva...
France - 2019 - 1h40
d'après le roman de Leïla Slimani (Prix Goncourt 2016)

Cette nuit-là, un terrible cauchemar réveille Myriam, tellement réaliste qu’il lui a glacé les sangs. Mais les bras de son homme sont là, rassurants, ainsi que ses deux enfants, sains et saufs… N’empêche, ce mauvais rêve la renvoie à son incapacité à rester plus longtemps dans ce rôle anxiogène de mère au foyer étouffant. Elle n’en peut plus des couches et des torchons à plein temps, elle n’y trouve pas son compte. Petite discussion entre époux… et c’est décidé : malgré les réticences de Paul, son mari, ils se résolvent à chercher une nounou.
Les entretiens d’embauche se succèdent et rapidement il apparaît qu’aucune bonne d’enfant n'a une chance d'être à la hauteur de leurs légitimes - se persuadent-ils - exigences et angoisses parentales. Ils sont presque prêts à lâcher l’affaire quand soudain,  telle une Mary Poppins des temps modernes, apparaît Louise, tenue maîtrisée, souriante, rigoureuse, douce, séductrice juste ce qu’il faut, parfaitement respectueuse et déférente. Coup de foudre immédiat, inespéré, unanime ! La perfection faite nounou, tellement incroyable qu’ils n’auraient jamais pensé pouvoir s’offrir ses services. Une véritable gouvernante digne d’un comte dans un conte. Une fée du logis allant même au-delà de son rôle, transformant l’appartement en havre de propreté, de sérénité, en jardin d’Eden… Un ange passe… Mais là où passent les anges, les démons ne sont pas loin…
Bien sûr, la partition se délite progressivement en fausses notes, d’abord rares, comme accidentelles, mais on se prend à redouter que la musique devienne stridente, ne sachant plus trop sur quel pied danser… Plus rien ne sera sûr, ni le pire, ni le meilleur.
Lucie Borleteau, dont nous avions beaucoup aimé le premier film Fidélio, arrive ici avec une incroyable douceur à distiller un malaise qui se transforme en angoisse et ne nous lâche plus. Karine Viard entre si bien dans la peau de ce personnage qu’elle devient presque méconnaissable physiquement, métamorphosée sans effets spéciaux, ni maquillage. Elle est absolument bluffante… et terrifiante !