DEUX

co-écrit et réalisé par FILIPPO BENEGHETTI

DU 19 FéVRIER AU 03 MARS

avec Barbara Sukowa, Martine Chevallier, Léa Drucker, Muriel Benazeraf,
Jérôme Varanfrain...
Fr./Luxembourg/Belg. - 2020 - 1h35

C’est un premier film qui aurait mérité la première page de notre programme. Le soleil de Golshifteh Farahani et de son Divan à Tunis l’ont remportée, reste que Deux est définitivement l’un de nos plus beaux coups de cœur de ce programme. Un grand et beau film d’amour, renversant.
Deux comme deux femmes. Nina est une guide touristique à la retraite,  d’origine allemande, elle a encore des envies de voyage plein la tête. Elle est grande, blonde et belle et a toujours, malgré les années, un petit quelque chose d’adolescent dans sa façon d’être. Madeleine aussi est belle, mais elle semble plus sage. Veuve, elle est proche de ses enfants, les reçoit pour les repas du dimanche et souvent elle garde son petit-fils.
Deux comme deux appartements tout en haut d’un immeuble banal. Souvent Nina et Madeleine laissent les portes ouvertes et passent d’un appartement à l’autre. Tantôt chez l’une, tantôt chez l’autre, elles mangent ici, elles dorment là. Nina et Madeleine s’aiment. Depuis des années. Mais pour tous, les deux vieilles dames ne sont que des voisines qui parfois se tiennent compagnie.  Personne ne les connaît vraiment, pas même Anne, la fille attentionnée de Madeleine. Jusqu’au jour où un événement tragique fait tout basculer…
Filippo Meneghetti qualifie son film de mélodrame mis en scène comme un thriller de mœurs. Il y a effectivement un peu de tout cela dans Deux et bien plus encore. C’est surtout un magnifique questionnement, tout en retenue, sur le poids du regard, le nôtre, celui des autres. Ces regards capables de nous libérer ou de nous plomber sous la chape des convenances même si, ici, l’homosexualité sera finalement un sujet secondaire.
On ne peut conclure sans parler de l’interprétation remarquable des actrices, et dire combien sont rares et salutaires ces moments qui nous racontent que ni l’amour, ni le désir, ni la sexualité ne s’estompent avec l’âge, tant que le cœur y est !