IBRAHIM

écrit et réalisé par SAMIR GUESMI

DU 30 JUIN AU 20 JUILLET

avec Abdel Bendaher, Samir Guesmi, Rabah Naït Oufella, Luàna Bajrami, Philippe Rebbot...
France - 2021 - 1h19

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Il y a dans Ibrahim tout ce qu’on aime au cinéma. De l’intelligence, de la modestie, une grande finesse d’écriture et de mise en scène, beaucoup de générosité et de bienveillance pour mettre en lumière des personnages invisibles, généralement cantonnés aux arrière-plans du cinéma français. On connaît bien sûr Samir Guesmi comédien, qu’on a aimé dans les films de Solveig Anspach, Arnaud Desplechin, Valérie Donzelli, Bruno Podalydès, Noémie Lvovsky… S’il se nourrit de ce cinéma libre et éternellement juvénile, Ibrahim, tout en délicatesse et en subtilité, témoigne également de la personnalité forte de Samir Guesmi réalisateur.
Dix-sept ans au compteur, Ibrahim est un grand échalas taiseux, qui promène au lycée technique sa dégaine d’ado, sans faire d’étincelles, sans problème majeur non plus. Côté famille, Ibrahim vit seul avec son père Ahmed, écailler devant une belle brasserie parisienne. Pas causant non plus, Ahmed : il exprime peu ses sentiments, concentré uniquement sur deux choses, son fils et son rêve de promotion sociale : passer de l’éventaire d’écailler au service en salle dans la brasserie. Côté rêve, Ibrahim aussi à le sien et il a la forme d’un ballon rond. Entre les entraînements, il passe son temps avec Achille, un copain du lycée nettement moins assidu en cours, avec qui, sans faire dans la grande délinquance, il partage les gains de petites embrouilles, de menus larcins, qui ne semblent pas porter à conséquence.
C’est précisément à cause de l’un d’eux que le rêve d’Ahmed se brise lorsqu’il doit régler la note d’un vol commis par son fils et qui a mal tourné. Les rapports se tendent mais Ibrahim décide alors de prendre tous les risques pour réparer sa faute...
Ibrahim est le magnifique portrait d’un gamin qui éclôt dans la grisaille parisienne, un film lumineux comme une promesse.