IT MUST BE HEAVEN

co-écrit et réalisé par  ELIA SULEIMAN

DU 04 AU 24 DéCEMBRE

SORTIE

NATIONALE

avec Elia Suleiman, Tarik Kopty, Kareem Ghneim, Ali Suliman, Grégoire Colin, Gael Garcia Bernal...
France/Palestine - 2019 - 1h27 - VOST

 

Dans It must be heaven, le cinéaste palestinien, ou plutôt son personnage d’observateur muet du monde, quitte Nazareth et ses citronniers pour aller voir ailleurs si le ciel est moins lourd à porter. L’enfer est en Palestine, c’est donc que le paradis doit être autre part : quelque part à l’Ouest. De Paris à New-York, Elia Suleiman va donc trimballer son canotier et ses expressions de cinéma muet, tel un Buster Keaton siroteur d’arak, répondant à l’absurdité de l’époque par une inaliénable élégance.
Et voilà qu’on redécouvre Paris à travers ses yeux mi-amusés mi-médusés. Un Paris méconnaissable et pourtant familier : désert, muséifié, aseptisé. Une ville où la violence des rapports passe par l’obsession sécuritaire. Elia Suleiman. cherche à vendre son film. Un célèbre producteur français explique au cinéaste que son projet ne sera pas retenu : “Pas assez palestinien. Il pourrait se passer n’importe où...”
A New-York on continue de considérer le Palestinien comme une créature exotique et le Moyen-Orient comme une cause perdue. “Le pitch est déjà à mourir de rire !” répond la productrice américaine à qui un ami du cinéaste vient de résumer le prochain film de Suleiman : “une comédie sur la paix au Moyen-Orient”.
Dans ce renversement de perspectives, l’auteur d’Intervention divine et du Temps qu’il reste, réussit une fable d’une terrible acuité politique mais sans jamais lâcher le ton burlesque qui a fait sa marque de fabrique. Une poésie du désespoir traversée soudain d’une pure mélancolie : “Vous êtes bizarres, vous les Palestiniens, dit un homme au cinéaste. Le monde entier boit pour oublier et vous êtes le seul peuple à boire pour vous souvenir.” En 1h37, Elia Suleiman. n’aura prononcé que deux mots : Nazareth et Palestine. C’est là qu’il retournera, sur ce petit territoire au parfum de paradis perdu… (d’après Télérama)