LA BELLE éPOQUE

écrit et réalisé par NICOLAS BEDOS

DU 27 NOVEMBRE AU 31 DéCEMBRE

avec Daniel Auteuil, Fanny Ardant, Guillaume Canet, Doria Tillier,
Michaël Cohen, Denis Podalydès, Pierre Arditi...
France - 2019 - 1h55

Victor est un sexagénaire un poil désabusé. Pour lui, la belle époque, c’était hier. Au contraire, pour sa femme, Marianne, très à l’aise dans ses baskets et dans son temps, la belle époque, c’est demain. Lui est un dessinateur de presse qui regrette le bon vieux temps. Elle est psychanalyste et hyper-connectée. Entre eux plus vraiment d’étincelles si ce n’est celles qui mettent si souvent le feu à leur rancœur et démarrent à coup sûr colères, disputes, incompréhension et portes qui claquent. Après la soirée de trop, Marianne finit par virer son mari bougon. Leur fils, ému par le désarroi de son père, lui offre de revenir en arrière et en appelle à son copain Antoine, qui propose à des clients fortunés de replonger dans l’époque de leur choix.
Qui n’a pas rêvé de passer une soirée avec Hemingway, Francis S. Fitzgerald, John Dos Passos, John Steinbeck dans le Paris des années folles ? De participer à un grand moment historique (signature de l’Armistice, chute du mur de Berlin...) ou plus simplement de revivre sa propre enfance, ou de croiser ses parents ou ses grands-parents dans leur jeunesse ? Tant de possibilités, de scénarios possibles pour replonger dans “sa” belle époque. Pour Victor, ce sera l’année 1974 le jour où il vit apparaître la belle Marianne.
Tout d’abord sceptique Victor se laisse embarquer dans l’aventure. On commence par le costume. Etrange sensation que de renfiler son pantalon pattes d’eph et sa veste en cuir un peu étriquée. Puis il rase sa barbe, retrouve sa moustache d’antan. Il est prêt à découvrir le décor. Antoine, avec son concept clef en main “montez dans ma machine à remonter le temps” a pensé à tout. Chaque détail du décor est pensé, l’éclairage orangé a la bonne couleur du souvenir de ces années joyeuses et légères où Victor avait ses habitudes dans un bistrot enfumé. Les figurants sont là, les comédiens sont prêts, silence plateau, c’est parti. Victor s’installe, amusé, dubitatif, séduit déjà par cette parenthèse anachronique et enchantée... Et puis Elle entre dans le café, Elle entre dans sa vie...
Nicolas Bedos signe une comédie romantique à la sauce piquante qui se joue, aussi, des codes du cinéma, cette bonne blague qui nous fait croire à tout avec sa poudre aux yeux… Non seulement ça ne pique pas, mais ça éblouit. Avec ses dialogues mordants et sa mise en scène virevoltante, La belle époque est une chronique joyeusement nostalgique sur les affres de l’amour face au temps qui passe.