LITTLE JOE

écrit et réalisé par JESSICA HAUSNER

DU 11 AU 17 DéCEMBRE

à L'AFFICHE UNE

SEULE SEMAINE

avec Emily Beecham, Ben Whishaw, Kerry Fox, Kit Connor, Lindsay Duncan...
Autriche/All/GB - 2019 - 1h45 -VO (anglais) ST

Dans le laboratoire de Planthouse, la phytogénéticienne Alice Woodard peaufine sa dernière création : une plante façon Tamagotchi, infiniment fragile, dont il faut s’occuper le plus possible en échange de plus de bonheur. “Ce dont cette plante a le plus besoin, c’est d’amour”, résume son collègue Chris, après avoir expliqué à quelques actionnaires comment l’équipe a réussi à distiller dans son parfum de l’ocytocine, hormone du lien social qui consolide l’attachement entre la mère et son enfant. Seul souci pour “Little Joe” (surnom donné par Alice à son “bébé” végétal avant d’en faire don à Joe, son fils adolescent) : elle est stérile.
Depuis le salon familial et le labo aseptisé où elle attend la Foire aux fleurs, durant laquelle elle sera révélée au public, Little Joe va œuvrer à sa survie par le seul biais à sa disposition, la manipulation phéromonale des humains pour les transformer en “bonnes mères”. Et illico confronter le spectateur de ce petit film de terreur feutrée à une catastrophe inédite dans son déroulement, où l’amour, muté en pollen puis déplacé, propagé, disséminé, devient condition d’asservissement puis d’aliénation terminale.
L’Autrichienne Jessica Hausner, ancienne collaboratrice de Michael Haneke et auteure de films cruels et au cordeau, réalise ici son premier film fantastique et sa première œuvre en langue anglaise. Le joli minois enfantin d’Emily Beecham, qui interprète Alice, dégage un charme tout aussi innocent que vénéneux, à l’image de Little Joe. L’actrice comme la réalisatrice nous trimballent dans les coulisses d’un monde un peu trop parfait pour être vivable. L’injonction au bonheur, qui semblait séduisante, devient progressivement anxiogène, aussi envahissante qu’un envoûtement malsain dont on ne pourrait se défaire.
(d’après Libération)