MANO DE OBRA

1 SEMAINE DU 23 AU 29 SEPTEMBRE

écrit et réalisé par DAVID ZONANA

avec  Luis Alberti, Hugo Mendoza, Jonathan Sanchez, Horacio Celestino
Mexique - 2020 - 1h23 - VOST

Mano de Obra, main d’œuvre en français, pourrait être présenté comme un film social, une sorte de Ken Loach à la mexicaine, mais nous serions loin du compte… David Zonana réalise ici une sorte de thriller où toutes les tentatives de simplification d’un état de la société sont balayées d’un revers de la main.
Francisco et ses collègues de travail construisent, à Mexico City, une élégante villa dans un quartier huppé. Eux vivent dans des taudis à l’autre bout de la ville, sont mal payés voire pas du tout selon l’humeur du maître d’œuvre. Un jour, le frère de Francisco fait une chute mortelle sur le chantier, laissant seule sa femme enceinte, et privée de ressource puisque les analyses révèleront que le frère était soi-disant sous l’emprise de l’alcool… alors qu’il ne buvait jamais !
Quant à la détresse de sa belle-sœur que rien ni personne n’aidera à obtenir réparation, s’ajoute son logement qui prend l’eau de toute part, il prend la décision de supprimer le propriétaire indélicat de la maison qu’il contribue à construire pour se servir de trous dans la législation et occuper la villa. C’est alors toute une smala disparate qui débarque pour occuper tous les mètres carrés d’une maison que le propriétaire construisait pour son seul confort…
La morale de l’histoire ne sera peut-être pas celle que l’on croit,
tant le récit de David
Zonana, précis et concis à la fois, se joue de nos émotions et nous emmène sur des chemins inattendus ! C’est très bien réalisé, avec juste ce qu’il faut d’animosité rentrée et de raccourcis visuels pour ne pas tout montrer et nous laisser faire notre propre idée sur le drame qui se joue.
Finalement, c’est à Parasite de Bong Joon Ho que ce Mano de Obra nous ramène le plus ! La comparaison est flatteuse et pas usurpée !