NOTRE DAME DU NIL

co-écrit et réalisé par ATIQ RAHIMI

UNE SEMAINE DU 04 AU 10 MARS 2020

avec Amanda Mugabekazi, Albina, Kirenga, Malaika Uwamahoro,
Pascal Greggory...
France/Rwanda - 2020 - 1h34 - VOST

Rarement l’histoire est écrite du point de vue des minorités. C’est en partie le propos de l’œuvre autant écrite que filmée d’Atiq Rahimi. Par ses livres, ses documentaires, ses longs métrages (Terre et cendres et Syngue Sabour, pierre de patience, adaptés tous deux de ses propres romans), il nous immerge dans le camp des laissés-pour-compte et de leur petite histoire, celle qui permet de mieux analyser et comprendre la grande. En adaptant ici le roman de Scholastique Mukasonga, Atiq Rahimi nous plonge au cœur de l’été 1973 dans un Rwanda où déjà grondent des antagonismes profonds, préfigurant le génocide de 1994.
Notre-Dame du Nil est un joli pensionnat de briques roses perché sur la crête Congo-Nil, à 2 500 mètres d'altitude, près des sources du grand fleuve égyptien. Les familles espèrent que, dans ce havre isolé, d'accès difficile, loin des tentations de la capitale, leurs filles parviendront vierges au mariage négocié pour elles dans l'intérêt du lignage. Dirigée par des religieuses, l’établissement reçoit le gratin de la population Hutus mais aussi, par un quota imposé, quelques jeunes filles Tutsis. Mais qu’importe ces différences, dans cet établissement modèle, où l’on va de messes en processions, en passant par de menues tâches ménagères qui feront de chacune une épouse parfaite, tout cela semble bien lointain. Dans les dortoirs, à la tombée du jour, on entend les rires, les chants, les secrets chuchotés et les rêves partagés de ces jeunes filles en fleur.
Mais des quatre coins du territoire montent en puissance des antagonismes profonds qui vont gangréner le corps social et s’introduire au sein de Notre-Dame du Nil, bouleversant à jamais le destin de ces jeunes filles et de tout le pays.