R.M.N

à partir du 19 octobre

écrit et réalisé par CHRISTIAN MUNGIU

SORTIE
NATIONALE

avec Marin Grigore, Judith State, Macrina Bârlădeanu, Orsolya Moldován...
Roumanie - 2022 - 2h05 - VOST

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R.M.N. (soit IRM en français) : Imagerie par Résonance Magnétique qui permet de révéler ce qui est sous la surface, celle d’un cerveau, par exemple... ou  celle d’une société, comme ici. Après les ravages de la politique nataliste sous la tyrannie de Ceausescu dans 4 mois, 3 semaines, 2 jours, la violence du pouvoir religieux dans Au-delà des collines ou la corruption endémique dans Baccalauréat, les ravages du nationalisme et de la xénophobie sont au cœur de R.M.N. Et c’est aussi déprimant sur le plan politique qu’exaltant en termes de cinéma.
Le film se déroule dans un petit village de Transylvanie, la région très multiethnique (on y parle hongrois, roumain, anglais, allemand... et même français !) à l’ouest de la Roumanie. C’est là qu’est né Matthias, et où il revient après avoir perdu son boulot en Allemagne, pour retrouver son jeune fils, son père à la santé défaillante, sa femme avec qui les relations sont polaires et son ex-maîtresse qu’il aimerait bien reconquérir. Comme la quasi-totalité de ses voisins, Matthias refuse de travailler pour la boulangerie industrielle, le seul employeur du coin mais qui ne paye pas assez… La patronne de l’usine et son adjointe, très impliquée dans la vie associative du village, n’ont d’autre solution que d’embaucher des ouvriers immigrés. Et là... ça coince… La paix de la petite communauté est troublée, les frustrations, les conflits et les passions refont surface, brisant le semblant de paix dans la communauté.
C’est un film d’une puissance radicale, d’une force d’autant plus glaçante qu’on réalise vite que le film ne traite finalement pas de la lointaine Transylvanie tant il est transposable à tant et tant de conflits si loin, si proches... passés comme présents... Encore une fois Cristian Mungiu frappe fort et juste. Sa maîtrise des plans séquences, son talent d’écriture, son sens du rythme font de ce nouveau film une expérience riche, multiple, magistrale.

(d’après Télérama)