The Father

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co-écrit et réalisé par Florian Zeller

DU 23 SEPTEMBRE AU 13 OCTOBRE

avec Anthony Hopkins, Olivia Colman, Imogen Poots, Mark Gatiss...
France/GB - 2021 - 1h37 - VOST

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Les premières minutes nous plongent dans un drame familial ordinaire. Anne  rend visite à son père, Anthony, après qu’il a, une fois encore, congédié l’aide-soignante censée veiller sur son quotidien. Le vieil homme se justifie : l’indélicate lui aurait volé sa montre, puis s’insurge : “Je n’ai besoin de personne !”. Dès qu’Anne retrouve l’obsédante tocante, planquée dans la cachette habituelle d’Anthony, on a compris : l’ancien ingénieur perd la mémoire. Autoritaire, cultivé, il donne encore le change et redouble d’efforts pour rester maître en son royaume, un grand appartement londonien au chic un peu daté.
Mais le vernis craque, il y a des détails qui clochent et peu à peu le film que l’on pouvait craindre sage nous embarque et nous perd. La mise en scène et l’impéccable scénario nous plonge dans un thriller, là où nous attendions un drame, dans un labyrinthe là où nous attendions une lente descente aux enfers. Tout cela resterait platement théorique sans les interprètes, impeccables sans exception. D’un haussement de sourcil, d’un sourire rougissant, Olivia Colman en raconte plus qu’en dix pages de dialogues. Par sa modestie, sa profondeur, elle laisse un champ immense au spectateur, et à son partenaire la part du lion et les grands numéros d’équilibriste. Anthony Hopkins, 83 ans, arrive ainsi en majesté, habité de ses fantômes, le médecin d’Elephant Man, le majordome corseté des Vestiges du jour, et le plus mémorable, bien sûr, Hannibal Lecter, génie du mal dans Le Silence des agneaux, ce cannibale qui lui colle à la peau. Il s’en dévêt magistralement, au-delà de la pudeur, poignante mise à nu qui le laisse en pyjama, homme-enfant inconsolable ne sachant plus l’heure qu’il est. Sa montre perdue à jamais. (d’après Télérama).