SERRE-MOI FORT

DU 15 AU 28 SEPTEMBRE

co-écrit et réalisé par MATHIEU AMALRIC

avec Vicky Krieps, Arieh Worthalter...
France - 2021 - 1h38

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Tout commence par des polaroïds retournés sur un lit pour un jeu de memory. Il faut retrouver les paires, à l’aveugle, tâtonner, hésiter, se perdre... se laisser perdre. Et c’est peut-être cela la porte d’entrée de ce bouleversant film de Mathieu Almaric qui revient sur nos écrans après son très beau film sur Barbara. Le réalisateur a encore gagné en maturité artistique et en délicatesse et il faut accepter dès le début de se laisser bercer par le piano, de douter de ce que l’on voit. Le synopsis du film nous avait déjà prévenus : “Ça semble être l’histoire d’une femme qui s’en va.”
Au petit matin elle réunit quelques affaires, fait le tour de la maison où dorment encore son mari et ses enfants et dans le froid elle monte dans la vieille voiture familiale. Oui, c’est une femme qui s’en va. Ou, du moins, l’espère-t-elle. En réalité, elle se terre dans sa mémoire, se recroqueville dans ses souvenirs. Elle imagine ses enfants et leur père, leur vie d’avant et le futur un temps offert. Le film se passe dans sa tête, comme un jeu de ping-pong perpétuel entre rêverie, folie et tragédie, une mise en scène du déni. Serre-moi fort ne ressemble à aucun récit cinématographique : c’est beau, envoûtant et poignant.