THE CLIMB

co-écrit et réalisé par Michael Angelo Corvino

DU 26 AOÛT AU 08 SEPTEMBRE

avec  Kyle Marvin, Michael Angelo
Corvino, Gayle Rankin, Talia Balsam, Judith Godrèche...
USA - 2020 - 1h36 - VOST

Ça commencerait presque comme une blague nulle : “C’est l'histoire de deux Américains qui font du vélo sur les routes de France, et dont l'un avoue à l'autre qu'il a couché avec sa future femme…” On s'attend à ce que ces deux-là en viennent aux mains, explication virile et chute triviale. Et puis non, rien de tout ça : les deux compères continuent l'ascension du Col de Vence… Dès cette scène d'ouverture, à la fois banale et fantasque par sa cocasserie, tout est dit ou presque de la nature du lien - un peu toxique mais indéfectible - qui rapproche ces deux olibrius par-delà les années. Cette amitié cabossée, c'est le centre du film. Écrit par le réalisateur-acteur Michael Angelo Corvino avec la complicité de l'autre acteur principal Kyle Marvin, lointainement (on l'espère !) inspiré de leur propre amitié et nourri d'anecdotes plus ou moins autobiographiques, The Climb dresse le portrait d'un duo de trentenaires inséparables et que pourtant tout sépare, à commencer par leur caractère : Kyle, le bon gars, toujours prêt à recoller les morceaux, à voir le bon côté des choses, à pardonner les excès de son alter-ego, et Mike, le passionnel, l'excessif, obstiné jusqu'à la déraison. Une bombe à retardement toujours prête à exploser, Mike, mais paradoxalement le plus fidèle des amis, prêt à attendre toute sa vie qu'on lui pardonne plutôt que de tirer un trait sur une amitié. Filmé en autant de plans-séquences que l'histoire compte de chapitres, The Climb nous immerge sur plusieurs années dans le chaos de leur quotidien, de leurs disputes, de leurs doutes, de leurs fous rires, alors qu'autour d'eux le monde change et vieillit : des mariages ratés, des parents disparus, des enfants qui grandissent… Par l'élégance discrète de sa mise en scène, Corvino nous fait ressentir certains sentiments d'une profondeur et d'une subtilité qu'on ne s'attendait pas à trouver dans une comédie a priori aussi légère : celui de la vie qui passe, vous laisse un pincement mélancolique au cœur et un sourire un peu triste aux lèvres. C’est un beau roman, c’est une belle histoire, c’est une “bromance” d'aujourd'hui…