UN DIVAN à TUNIS

écrit et réalisé par MANELE LABIDI

SORTIE

NATIONALE

DU 12 FéVRIER AU 03 MARS

avec Golshifteh Farahani, Majd Mastoura, Aïcha Ben Miled, Feriel Chammari, Hichem Yacoubi...
Tunisie/France - 2020 - 1h28 - VOST

La scène d'introduction - quiproquo autour du célèbre portrait photographique de Sigmund Freud portant la chéchia rouge, le couvre-chef traditionnel tunisien - dit bien d'emblée toute la fantaisie de ce film, et tout l'humour de sa pétillante héroïne, Selma, fraîchement débarquée de Paris pour installer son divan à Tunis ! Car n'en déplaise aux langues de vipères, aux oiseaux de mauvais augure et autres sceptiques locaux qui jurent par le Saint Coran qu'il n'y a pas besoin de psy dans ce pays, Selma est bien décidée à installer son cabinet de thérapeute sur le toit terrasse de la maison de son oncle. Et il y a fort à parier que les Tunisiennes et les Tunisiens, en pleine crise existentielle post-révolution, ont bien des choses à lui dire.
Car oui, dans cette Tunisie d'après Ben Ali, la parole, muselée pendant des années de dictature, se libère et le pays redevient bavard, dans un élan un peu chaotique où tout se bouscule : les angoisses du passé, la peur de l'avenir, les désirs et les rêves qui peuvent à nouveau se raconter.
Sans jamais tomber dans une vision caricaturale de la psychanalyse, ni dans les clichés exotiques pour parler de la Tunisie, Un divan à Tunis est un délicieux cocktail d'intelligence, de drôlerie et d'émotion qui raconte, l'air de rien, l'état d'un pays entre l'élan de modernité et le poids des traditions, entre les vieux réflexes d'un temps révolu et le besoin de se construire un avenir meilleur.
Il y a dans ce film une joie, une énergie communicative, un humour que l'on trouve habituellement dans les comédies italiennes des années 60/70 plutôt que dans le cinéma qui nous vient de l'autre côté de la Méditerranée, et c'est très réjouissant ! Une pépite ensoleillée en plein cœur de février.