VOIR LE JOUR

co-écrit et réalisé par  MARION LAINE

DU 26 AOÛT AU 08 SEPTEMBRE

avec Sandrine Bonnaire, Aure Atika, Brigitte Roüan, Kenza Fortas,
Sarah Stern, Alice Botté...
France - 2020 - 1h31

Elles bossent dur, les filles, dans cette maternité d’un grand hôpital marseillais, elles enchaînent les gardes, de jour, de nuit, on ne dort pas assez mais tant pis, ça fait des heures sup’ pour boucler les fins de mois difficiles. Elles ont chacune leur histoire, leur tempérament, leurs blessures, elles se serrent les coudes, parfois ça fait du bien, parfois des étincelles.
Jeanne est l’une d’entre elles. Pas la plus syndiquée, pas la plus loquace non plus, elle est plutôt du genre discret. Jeanne fait son boulot et elle le fait bien, et même très bien : le monde des nouveaux-nés, encore imprégné de cette ambiance cotonneuse où tout semble plus lent, plus doux, plus tendre, comme une bulle protectrice, lui convient à merveille. Mais le monde extra-utérin est une drôle de galaxie : on y brandit des grands mots comme “rentabilité” , “efficacité” , “rendement” , “réduction des lits” , “compression des effectifs”. Le jour où un nouveau-né décède dans le service, toutes les tensions, toutes les histoires intimes, toute la fatigue accumulée vont ressurgir…
Mais pour Jeanne, c’est aussi le passé qui revient la visiter. Il a un blouson de cuir et des airs de vieux rocker fatigué, dans son sillage flotte un parfum d’écume et de peau salée… Jellyfish était le nom du groupe dont elle était la chanteuse charismatique. Ça c’était sa vie d’avant...
On va alors un peu mieux comprendre ce qui fait la singularité de Jeanne. Forte et gracieuse, fragile et rebelle, Sandrine Bonnaire porte ce film et l’illumine. À mi-chemin entre le film politique et le récit intimiste qui s’autorise même, et de manière plutôt futée et audacieuse, quelques flash-back ou digressions oniriques, Voir le jour est inspirant.