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édito
Le tapis rouge a quitté les marches, le Festival de Cannes est terminé et, si l’on se réjouit de découvrir très vite sur nos écrans les films primés, nous restons saisis par le vent mauvais qui a soufflé sur la Croisette. Quand on en vient à parler de liste noire face à des artistes pétitionnaires qui s’inquiètent d’une très forte concentration des pouvoirs et des moyens dans les mains d’un seul homme, on frissonne. Ajoutez à cela une petite musique mortifère qui monte de plus en plus pour justifier les coupes dans les budgets de la culture (cf. la région des Pays de la Loire), une saison blanche annoncée dans certains théâtres (à Vanves par exemple), des remises en cause du Centre National du Cinéma, et l’on a sérieusement envie de réaffirmer haut et fort à quel point les lieux de culture sont des sanctuaires à défendre.
Les guerres font rage, la crise s’installe, les “fins de mois” arrivent de plus en plus vite et sont cruelles, les difficultés sont criantes et désespérantes dans bien des domaines (éducation, justice…). Mais tenter de museler les saltimbanques et reléguer la culture au rang de “non essentielle” n’est définitivement pas une bonne nouvelle. Petites bulles de résistance dans une société qui nous divise et nous isole, les lieux de culture (salle de concert, théâtre, librairie… et bien sûr cinéma) sont à chérir et à protéger. La culture, c’est joyeux, ça émancipe, ça fait vibrer, réfléchir, rire ; ça gratte aussi, ça bouscule et ça console. Ce n’est pas un luxe.
Alors oui, un petit coup de gueule dans un édito pour dire nos inquiétudes, ce n’est pas grand-chose, mais cela permet de redire que nous sommes fragiles et que nos précieuses embarcations tanguent. Écoutons/jouons de la musique, achetons des livres, chantons, dansons, discutons, allons au cinéma ! - achetons des carnets d’abonnement !
En tout cas, à Pandora, nous sommes bien décidés, avec votre soutien, à ne pas baisser les bras !
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